La nuit Napoléon

Non loin des Invalides, dans le superbe théâtre de la Madeleine, la première nuit Napoléon, organisée hier, a ravi les nombreux passionnés rassemblés pour cet événement exceptionnel. Ses organisateurs ont réussi à démontrer que l’Histoire n’est pas une science poussiéreuse uniquement tournée vers le passé mais une matière vivante qui peut parfois prendre l’aspect d’une pétillante comédie qui aurait rencontré le sérieux d’un cours au Collège de France. 

C’est cette alliance toujours difficile entre profondeur et légèreté qu’ont réussi à mettre en place les organisateurs de l’équipe de Conferentia composée de Julie Baumard, Gilles Morin, David Hervé boutin ainsi que de Sylvie Dutot, rédactrice en chef de Histoire Magazine. La soirée  animée par David Chanteranne, le directeur de la revue Napoléon Ier dura près de trois heures, divisée en trois moments, pour trois des plus éminents spécialistes du Consulat et de l’Empire. Patrice Gueniffey fut chargé d’introduire cette nuit pour évoquer la transformation du jeune Bonaparte corse en Napoléon, géant de l’Europe. Il réussit, sur un sujet pourtant bien connu de ce public de passionnés, à captiver son auditoire aidé en cela dans son exposé par la diffusion d’enregistrements de citations napoléoniennes. C’est ensuite un interlude animé par une jeune harpiste qui prend la suite. Malgré le talent de celle-ci, ces moments étaient un peu longs et il aurait été surement plus judicieux de contextualiser les morceaux joués et, pourquoi pas, de faire varier les instruments afin de jouer certaines chansons célèbres du temps comme le superbe Veillons au Salut de l’Empire.

Après cet instant musical, c’est donc le directeur de la Fondation Napoléon, Thierry Lentz qui offrit au public un grand numéro d’humour et de savoir. En une heure, sur le thème volontairement anachronique de Napoléon manager, l’auteur de l’excellent Bonaparte n’est plus aux éditions Perrin, a pu rappeler certains faits par trop oubliés. Pour l’historien, Napoléon « fut en effet d’abord un homme de paix. » On oublie ainsi trop souvent l’oeuvre pacificatrice du Premier Consul et également qu’il réussit à offrir la paix à l’Europe et à la France avant les sanglantes guerres de l’Empire. L’historien développa ensuite son propos sur les multiples talents du chef d’Etat dans ce qu’on appelle aujourd’hui le management et dans sa capacité exceptionnelle à s’entourer des meilleurs hommes de son temps. Après ce réel « one man show historique, » c’est au fameux Jean Tulard, le pape des études napoléoniennes que fut donné l’honneur de conclure cette soirée durant laquelle le temps aura filé aussi vite que la Grande Armée en direction de l’Autriche. Le doyen des spécialistes de Napoléon conclut ainsi avec une grande jeunesse d’esprit malgré ses 85 ans ainsi que sa gaieté naturelle  à ravir un public conquis. Une soirée dont le succès de cette première consacrée à l’histoire en appelle d’autres !

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